Le journaliste dissident Taoufik Ben Brik est actuellement incarcéré à la prison de Siliana à plus de 130 km de Tunis la capitale de la Tunisie. Vendredi 11 décembre, des informations contradictoires circulaient sur l’état de santé de Taoufik Ben Brik, selon l’AP. Ses proches n’auraient pas le droit de lui rendre visite, ni ses avocats, qui doivent pourtant préparer le procès en appel du journaliste.
Taoufik Ben Brik selon ses avocats repris par l’AP [1] souffre d’une "maladie rare qui nécessite des soins spécifiques urgents." RSF (Reporters sans frontières) affirme de son côté que Taoufik Ben Brik souffrirait du syndrome de Cushing, une maladie dégénérative des défenses immunitaires.
Face à ces informations, les autorités tunisiennes ont réagi par la voix de la Direction générale des prisons. Dans un communiqué, elle qualifie les informations sur une santé déclinante de Taoufik Ben Brik comme "erronées." Selon un communiqué de la Direction générale des prisons, l’état de santé du journaliste Taoufik Ben Brik est "satisfaisant et n’exige aucune prise en charge en milieu hospitalier". Le communiqué précise aussi que Taoufik Ben Brik "continue de prendre régulièrement ses médicaments et fait l’objet, comme tout prisonnier ayant des antécédents médicaux, d’un suivi médical approprié."
Des personnalités appellent à créer un comité de défense de la liberté d’information
Souvent louée pour sa situation économique et sociale, la Tunisie est d’un autre côté vivement critiquée par les associations et organisations indépendantes pour la censure de la presse. Le journaliste Taoufik Ben Brik a été condamné fin novembre 2009 au motif d’avoir agressé une jeune femme. Cette condamnation de droit commun a été vue par les défenseurs de la liberté de la presse et des droits de l’homme, comme une condamnation maquillée de la liberté de parole des journalistes qui osent critiquer le pouvoir.
C’est dans ce contexte qu’est arrivé l’appel de plusieurs personnalités de la société civile tunisienne en faveur de la liberté d’expression. Jeudi 10 décembre, près d’une centaine de personnalités ont appelé à la création d’un comité national de défense de la liberté d’expression et d’information. Pour eux, il s’agit par cet acte de "soustraire le paysage médiatique à la mainmise du pouvoir exécutif", ajoutant que la censure en matière de liberté d’expression en Tunisie a donné naissance à une information "unilatérale, figée et arriérée" qui ne reflète pas la réalité de la diversité des opinions en Tunisie. ©Culturefemme.com d’après AP
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