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Une vidéo d’enseignante, largement commentée sur les réseaux sociaux, interpelle sur l’éducation des enfants. Elle y évoque des élèves à l’aise avec les outils numériques, mais parfois en difficulté lorsqu’il s’agit de donner leur adresse, de raconter leur journée ou de se repérer dans le temps.
Ce témoignage ne permet pas, à lui seul, de tirer des conclusions sur toute une génération. Il met toutefois des mots sur une inquiétude partagée par certains parents et professionnels : comment aider les enfants à gagner en autonomie, sans transformer le numérique en bouc émissaire ni ajouter de la culpabilité aux familles déjà très sollicitées ?
Ce que cette maîtresse observe dans sa classe
Dans sa vidéo, l’enseignante raconte être surprise par le manque de repères de certains élèves sur des sujets très concrets : connaître le prénom de leurs parents, mémoriser une adresse, se situer dans la journée ou raconter un trajet familier.
Ces apprentissages ne sont pas de simples détails. Pour un enfant, savoir expliquer où il habite, reconnaître les moments de la journée, dire ce qu’il a fait à l’école ou connaître le nom d’un adulte de confiance participe à son sentiment de sécurité. Cela nourrit aussi le langage, la mémoire et la confiance en soi.
@mommy_n_zachy What’s happening to our kids? I need answers!! #teachertok #elementaryteacher #teacherproblemsboredteachers #teacher ♬ original sound – mommy_n_zachy
L’école consolide ces compétences, mais ne peut pas tout porter seule. Les échanges ordinaires à la maison, les routines et les petites responsabilités restent des terrains précieux pour apprendre à l’enfant à se situer dans son environnement.
Les écrans peuvent-ils freiner l’autonomie des enfants ?
Les écrans reviennent souvent dans ce débat. Ils ne résument pas à eux seuls les difficultés d’attention, de langage ou d’autonomie. Le quotidien des familles est plus complexe : fatigue, horaires de travail, charge mentale, accès aux activités, besoins particuliers de certains enfants ou encore manque de relais peuvent aussi peser.
Le sujet mérite néanmoins d’être pris au sérieux. Lorsqu’un téléphone ou une tablette répond immédiatement à une question, l’enfant a moins souvent l’occasion de chercher, de patienter, de demander de l’aide ou de mémoriser. Or ces gestes font partie des apprentissages de tous les jours.
L’étude Parents, Enfants & Numérique 2024 souligne combien les parents tentent de composer avec des usages numériques désormais installés dans la vie familiale. La plateforme publique Je protège mon enfant propose aussi des repères pour adapter les écrans à l’âge de l’enfant et préserver le sommeil, l’attention et les temps d’échange.
Le plus utile n’est pas forcément de viser le zéro écran. Il s’agit plutôt de garder des temps vraiment disponibles : un repas sans téléphone, quelques minutes de discussion après l’école, un trajet observé ensemble ou un moment de lecture. Le numérique peut être un outil, à condition de ne pas prendre toute la place.
Pourquoi les repères du quotidien comptent autant
Apprendre son adresse, le prénom de ses proches ou un numéro à appeler en cas de besoin est aussi une question de sécurité. Mais ces repères ont une fonction plus large : ils aident l’enfant à raconter son monde, à comprendre sa place et à se sentir capable face à une situation nouvelle.

Dans la pratique, ces apprentissages peuvent se glisser dans la journée sans prendre la forme d’un cours. En préparant un sac, on nomme ce qui est nécessaire pour le lendemain. Sur le chemin de l’école, on observe les rues et les commerces. Le soir, on invite l’enfant à raconter un moment précis plutôt que de lui demander vaguement si sa journée s’est bien passée.
Ces conversations sont d’autant plus utiles qu’elles ne reposent pas sur la performance. Un enfant peut hésiter, oublier, recommencer. L’essentiel est de créer un cadre régulier et rassurant, adapté à son âge.
Quelques gestes simples pour renforcer l’autonomie à la maison
Pour les parents qui se reconnaissent dans ce témoignage, l’idée n’est pas d’en faire davantage à tout prix. Quelques habitudes réalistes peuvent déjà soutenir l’autonomie des enfants :
- lui apprendre progressivement son nom complet, son adresse et le prénom d’un adulte à contacter ;
- lui confier de petites missions adaptées à son âge, comme préparer ses affaires ou mettre la table ;
- l’encourager à raconter une situation avec ses propres mots, même si le récit est décousu ;
- lui faire lire l’heure, repérer le jour de la semaine ou anticiper les étapes du lendemain ;
- prévoir des moments sans écran où l’on parle, joue, cuisine ou lit ensemble.
Les ressources de l’UNICEF consacrées à la parentalité rappellent l’importance des échanges réguliers, de l’écoute et d’un cadre cohérent. Il ne s’agit pas d’atteindre un idéal éducatif, mais d’offrir à l’enfant une présence fiable et des repères stables.
Parents et enseignants : éviter les jugements, privilégier le dialogue
Les commentaires sous ce type de vidéo peuvent vite devenir accusateurs. Pourtant, réduire les difficultés d’un enfant à un manque d’effort parental ne rend service à personne. Chaque famille avance avec son histoire, ses contraintes et les besoins propres de son enfant.
Lorsqu’un enseignant signale un manque d’autonomie ou des difficultés à se repérer, un échange calme permet souvent de mieux comprendre la situation. À la maison comme à l’école, l’objectif reste le même : aider l’enfant à grandir avec suffisamment de confiance, de curiosité et de sécurité intérieure.

Le témoignage de cette maîtresse a le mérite de rappeler une évidence parfois oubliée : l’éducation des enfants se construit dans les grands choix, mais aussi dans les gestes les plus ordinaires. Une discussion au retour de l’école, une histoire lue le soir ou une responsabilité confiée avec confiance peuvent durablement renforcer leurs repères.
