Vacances d’été 2022 : Peut-on vivre sans faire du tourisme afin de préserver l’environnement ?

Pour profiter de ses temps libres, il n’y pas mieux que partir en vacances. Mais savez-vous que le tourisme a aussi ses côtés sombres pour l’environnement ?

Vacances d’été 2022 : Peut-on vivre sans faire du tourisme afin de préserver l’environnement ?

Voyager dans de beaux pays, des plages exotiques, des hôtels luxueux, il y a beaucoup d’endroits pour profiter de ses vacances.

Cependant, le tourisme a une autre facette que beaucoup ne voient pas encore. Apparemment, celui-ci fait l’objet de plusieurs critiques sur les impacts qu’il provoque sur notre monde.

Vacances : Comment évolue le tourisme dans le monde ?

Qui ne veut pas profiter de l’été en vacances ? Que ce soit en avion ou en voiture, on veut tous partir quelque part. Dans le sable chaud d’une plage indonésienne ou dans des grands parcs américains, on a tous nos fantasmes pour profiter du beau temps. Cependant, cela fait maintenant plusieurs années que des voix s’élèvent. Notamment, pour lutter contre les dégâts environnementaux et sociaux du tourisme de masse.

D’après Rodolphe Christin sur Reporterre : « En France, l’imaginaire du tourisme est associé à celui de l’émancipation des classes ouvrières… en lien avec les luttes du Front populaire ». Apparemment, le tourisme désignait au XVIIIe siècle les vacances que les jeunes aristocrates britanniques font. Après, au XIXe siècle, c’est la bourgeoisie issue de la révolution industrielle qui l’a reprise. Et avec la mise en place des congés payés en 1936, cela a pris une autre dimension.

Par contre, il ne faut pas seulement avoir du temps libre pour partir en vacances. En effet, l’envie de partir quelque part est provoquée par plusieurs facteurs. Parmi ces derniers, on peut bien parler de l’effet d’imitation des classes sociales supérieures. Cela est d’après l’économiste et sociologue américain Thorstein Veblen.

Décidément, on peut dire que l’image du bonheur obligatoire force les gens à s’investir dans les vacances. L’objectif est donc de sortir de la vie quotidienne. D’après Pierre Périer : « Cette image du bonheur, largement entretenue par l’industrie du tourisme ».Les chercheurs de l’université de Lyon se sont aussi exprimés sur le sujet. D’après eux : « L’objectif depuis le début des Trente Glorieuses a donc été d’encourager à toujours plus voyager ».

Le tourisme a un bilan écologique désastreux

Avec les vacances qui sont devenues de plus en plus fréquentes, le tourisme s’est éparpillé partout. Notamment, on a compté 1,5 milliard de touristes dans le monde en 2019 contre 25 millions en 1950. Avec cet essor, le bilan écologique est catastrophique. En effet, le tourisme représente 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2013. Cela a sûrement un lien avec le fait que la moitié des touristes internationaux traversent les frontières en avion.

D’un côté, le tourisme provoque aussi l’artificialisation des sols, la spéculation immobilière, la gentrification et la surconsommation d’eau et la pollution. Les pays victimes sont apparemment nombreux. On peut nommer l’île Boracay aux Philippines qui est fermée 6 mois depuis 2018. Ou encore les littoraux français qui sont envahis par des résidences secondaires pour vacances et d’autres encore.

La plupart des touristes connaissent déjà les conséquences désastreuses des vacances en masse. Cependant, la prise de conscience est lente. Une théorie sur laquelle Philippe Bourdeau, professeur à l’institut de géographie alpine de l’Université Grenoble-Alpes s’est exprimé. « On a mis du temps à comprendre qu’on ne pouvait prétendre à une émancipation aussi poussée », a-t-il affirmé. Ce qu’il a ajouté par « il fallait reprendre ses responsabilités ».

Actuellement, les touristes connaissent un peu de changement. En effet, ils ont fait l’effort de se lancer dans un tourisme plus écologique et respectueux des populations locales. Seulement, un autre problème subsiste encore. Les touristes se concentrent sur un même endroit sur leur destination. Sur le sujet, le journaliste Julien Blanc-Gras s’est exprimé dans son roman Gringoland. « Nous, routards, ne valions pas mieux que les beaufs en club de vacances » a-t-il écrit. Ce qu’il a poursuivi par « nous nous concentrions dans les mêmes endroits, suivions les mêmes itinéraires ».

Vacances : Le tourisme écologique est-il possible ?

Les dégâts provoqués ont pris une grande ampleur et ont conduit à penser que le tourisme écologique est impossible. L’essayiste et militant écologiste Henri Mora donne sa réponse dans l’ouvrage Désastres touristiques. Quelle que soit la mesure prise, il n’y a pas de tourisme écologique possible a-t-il soutenu. Cela est apparemment à cause de la marchandisation du gratuit et la captation par la sphère marchande des vacances.

Cependant, il est difficile de critiquer le tourisme. D’un côté, les désirs et les fantasmes de vacances prennent de grandes places. Et cela, malgré le fait que tous les projets touristiques sont contestés pour des raisons écologiques. Apparemment, le changement des imaginaires et les limitations et sanitaires sur les déplacements semblent être efficaces pour reconstruire le tourisme.