Livret A : ce que fait vraiment la banque après le décès d’un proche et pourquoi c’est bloqué !

Après un décès, le Livret A est bloqué et entre dans la succession. Qui récupère l’argent, quand, avec le notaire, et quels frais plafonnés en 2026 : on fait le point.

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Après le décès d’un proche, les démarches bancaires s’ajoutent souvent à une période déjà éprouvante. Une question revient fréquemment : que devient son Livret A ? La réponse est claire : la banque bloque le livret dès qu’elle est informée du décès, puis son solde entre dans la succession.

L’argent n’est pas versé automatiquement au conjoint, à l’enfant qui gérait les papiers ou à la personne la plus proche. Le Livret A n’a pas de clause bénéficiaire, contrairement à une assurance-vie. Il revient aux héritiers, selon les règles de la succession ou les dispositions d’un testament.

Voici les démarches à connaître, les délais à anticiper et les règles applicables aux frais bancaires de succession.

Que se passe-t-il pour un Livret A après un décès ?

Dès que la banque reçoit l’information du décès, généralement accompagnée d’un acte de décès, elle bloque les comptes ouverts au nom du défunt. Le Livret A est concerné : il n’est alors plus possible d’y verser ou d’en retirer de l’argent.

Cette règle vaut pour tous les proches, y compris lorsqu’ils détenaient les moyens de paiement du défunt ou avaient l’habitude de l’aider dans ses démarches. La banque doit préserver les droits de l’ensemble des héritiers et éviter tout mouvement susceptible de compliquer le règlement de la succession.

Les règles générales concernant les comptes bancaires après un décès sont détaillées par Service-Public.fr. Le blocage ne signifie pas que l’épargne est perdue : il s’agit d’une étape administrative avant la transmission des fonds.

Le Livret A après un décès
Le Livret A après un décès

Le compte est ensuite arrêté et son solde est intégré à l’actif successoral. Les intérêts acquis jusqu’à la date du décès sont pris en compte selon les règles de calcul propres au Livret A. Le livret est ensuite clôturé dans le cadre du règlement de la succession.

Pour mieux comprendre le fonctionnement de cette épargne réglementée, notamment son montant maximal, consultez notre dossier sur le Livret A et de son plafond de 22 950 euros.

À qui revient l’argent du Livret A ?

Le solde du Livret A fait partie du patrimoine du défunt. Il est donc transmis aux héritiers, dans les proportions prévues par la loi ou par un testament valable. Il ne revient pas automatiquement à la personne qui a découvert le livret, qui possède les relevés bancaires ou qui a effectué les démarches auprès de la banque.

Le cas du conjoint survivant mérite aussi d’être nuancé. Ses droits dépendent notamment du régime matrimonial, de la présence d’enfants et des éventuelles dispositions prises par le défunt. Même s’il est héritier, il ne peut pas demander seul le versement de l’intégralité du Livret A sans que les droits de chacun aient été établis.

Le Livret A ne fonctionne pas comme une assurance-vie : aucun bénéficiaire ne peut être désigné à l’ouverture. Son capital entre donc dans la succession au même titre qu’un compte courant, un autre livret d’épargne ou certains placements détenus en propre.

À qui revient l’argent d'un Livret A
À qui revient l’argent d’un Livret A

Les règles sont comparables pour les sommes présentes sur les autres comptes du défunt. Notre article consacré aux comptes courants des Français permet de mieux comprendre la différence entre argent disponible au quotidien et fonds à intégrer dans une succession.

Quels documents fournir à la banque ?

La première démarche consiste à prévenir l’établissement bancaire du décès. Un acte de décès est habituellement demandé. La banque indique ensuite les justificatifs nécessaires selon la situation familiale et le montant des avoirs détenus.

Les héritiers peuvent notamment devoir présenter une pièce d’identité, le livret de famille, une attestation signée par les héritiers ou un acte de notoriété. Lorsque la succession est confiée à un notaire, celui-ci centralise généralement les échanges avec la banque et lui transmet les documents établissant les droits de chacun.

Le notaire est obligatoire dans certaines situations, notamment lorsqu’il existe un bien immobilier, un testament ou une donation entre époux. Même lorsqu’il n’est pas imposé, son intervention peut simplifier un dossier comportant plusieurs héritiers, des désaccords familiaux ou différents comptes à recenser.

Ce qui fait avancer le dossier
Ce qui fait avancer le dossier

Peut-on utiliser l’argent avant la fin de la succession ?

En principe, les fonds restent bloqués jusqu’à ce que la banque reçoive les instructions nécessaires au règlement de la succession. Certains paiements peuvent toutefois être effectués dans un cadre strict, notamment pour les frais d’obsèques, dans les limites et conditions prévues par la loi.

Les règles applicables figurent à l’article L312-1-4 du Code monétaire et financier, disponible sur Légifrance. Avant d’avancer des frais ou de solliciter un déblocage, mieux vaut demander précisément à la banque les justificatifs attendus.

Le délai de règlement varie fortement d’un dossier à l’autre. Une succession simple, avec des héritiers identifiés et des documents complets, peut avancer en quelques semaines. La présence d’un bien immobilier, d’un testament, de plusieurs établissements bancaires ou d’héritiers difficiles à joindre allonge souvent la procédure.

Frais bancaires de succession : ce qu’il faut savoir en 2026

Les banques peuvent facturer des frais pour le traitement d’une succession, mais leur montant est désormais encadré. Depuis le 13 novembre 2025, ils sont plafonnés à 1 % du montant total des comptes et produits d’épargne détenus par le défunt dans l’établissement concerné.

Un plafond maximal s’applique également. Depuis le 1er janvier 2026, il est fixé à 857 euros. Certaines successions restent par ailleurs exonérées de frais bancaires, notamment lorsque le total des avoirs est faible ou dans certaines situations prévues par la réglementation. Les conditions sont précisées sur la page du ministère de l’Économie.

Ces frais bancaires ne couvrent pas les éventuels droits de succession ni les frais de notaire. Ils correspondent uniquement aux opérations réalisées par la banque pour recenser les avoirs, clôturer les produits et verser les fonds selon les instructions successorales.

Dans ce contexte, retirer de l’argent en liquide ou conserver des sommes importantes chez soi n’est pas une solution adaptée. Notre éclairage sur garder du cash au cas où rappelle les précautions à prendre autour de l’argent liquide.

Frais bancaires de succession
Frais bancaires de succession

Les trois points à retenir

Après un décès, le Livret A est bloqué puis clôturé. Son solde, intérêts compris, est intégré à la succession. Il est réparti entre les héritiers après vérification de leurs droits, souvent avec l’aide d’un notaire.

Prévenir rapidement la banque, réunir les justificatifs demandés et éviter toute opération non autorisée permet de sécuriser le dossier. Dans ce moment délicat, cette procédure protège avant tout les droits de chaque héritier.