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Préparer sa retraite ne consiste pas à deviner un chiffre idéal valable pour tout le monde. Le bon montant dépend de votre future pension, de vos dépenses, de votre logement et de l’âge auquel vous souhaitez arrêter de travailler.
Pour savoir combien mettre de côté pour votre retraite, le point de départ est simple : estimez le revenu mensuel dont vous aurez besoin, puis calculez l’écart avec votre pension prévisionnelle. Cet écart donne une première idée du complément à financer.
Pourquoi les revenus baissent souvent au moment de la retraite
Le passage à la retraite s’accompagne fréquemment d’une baisse de revenus. Le montant de la pension dépend notamment de votre carrière, de vos salaires, des périodes travaillées, de votre régime de retraite et, pour les salariées, de la place des primes dans votre rémunération.
Les comparaisons entre dernier salaire et pension doivent être faites avec prudence : il faut comparer des montants nets et tenir compte de la situation du foyer. Les données et publications de la DREES montrent aussi que les femmes perçoivent en moyenne des pensions plus faibles, notamment en raison des écarts de salaire et des interruptions ou temps partiels subis au cours de la carrière.
Avant de fixer un objectif d’épargne, regardez donc votre budget réel. Une personne propriétaire de son logement sans crédit n’aura pas les mêmes besoins qu’une retraitée locataire. Les dépenses de santé, les transports, les aides éventuelles aux proches et les projets de voyage peuvent aussi modifier l’équilibre.
Si vous vivez seule, il peut être utile de consulter nos repères sur le montant de pension de retraite pour une personne seule. Ce type d’estimation reste personnel : l’essentiel est de partir de vos charges plutôt que d’un montant présenté comme universel.
Le calcul simple pour savoir combien épargner pour sa retraite
Commencez par demander ou consulter votre estimation de retraite sur info-retraite.fr. Le service permet d’accéder à votre relevé de carrière et à des simulations selon différents âges de départ.
Ensuite, notez le revenu mensuel que vous souhaitez conserver à la retraite. Déduisez-en le montant estimé de votre pension nette. La différence correspond au complément mensuel que votre épargne, un revenu locatif ou d’autres ressources devront couvrir.

La formule de base est la suivante : complément mensuel souhaité × 12 × nombre d’années à financer. Si vous prévoyez 1 000 euros de complément chaque mois pendant 30 ans, cela représente 360 000 euros. C’est un ordre de grandeur, avant prise en compte d’un éventuel rendement de l’épargne, de l’inflation, de la fiscalité et de l’évolution de vos dépenses.
Cette méthode a le mérite de rendre l’objectif concret. Elle ne remplace pas une simulation complète : une retraite peut durer plus ou moins longtemps, et conserver du capital disponible pour les imprévus reste prudent. Si vous vivez en couple, retrouvez aussi nos repères sur le montant à prévoir pour vivre confortablement à deux.
Quel montant mettre de côté chaque mois ?
Une fois votre capital cible estimé, divisez-le par le nombre de mois qui vous séparent de votre départ à la retraite. Une personne qui vise 120 000 euros sur 20 ans doit, sans tenir compte des gains ou des pertes de placement, mettre de côté environ 500 euros par mois. Avec un horizon plus long, l’effort mensuel baisse.
Dans la vraie vie, mieux vaut commencer avec une somme tenable, même modeste, puis l’augmenter lorsque vos revenus progressent ou qu’un crédit se termine. Un virement automatique juste après le salaire aide souvent à installer cette habitude sans y penser chaque mois.
La règle budgétaire 50/30/20 peut servir de cadre : 50 % pour les besoins essentiels, 30 % pour les envies et 20 % pour l’épargne ou le remboursement de dettes. Elle n’est pas adaptée à toutes les situations, surtout dans les villes où le logement pèse lourd, mais elle offre un point de départ utile pour regarder son budget avec lucidité.
Commencer tôt permet surtout de lisser l’effort dans le temps. Avant de choisir un objectif, vérifiez toutefois que vous disposez d’une épargne de précaution suffisante pour les dépenses imprévues. L’argent destiné à un projet proche ne devrait pas être placé sur un support risqué ou bloqué trop longtemps.
Pour mieux situer votre objectif de revenu, vous pouvez également lire notre article sur le salaire nécessaire pour toucher 2 000 euros nets par mois à la retraite.
PER, assurance-vie, immobilier : quelles solutions envisager ?
Le Plan d’épargne retraite, ou PER, permet de se constituer une épargne dédiée à la retraite. Les versements peuvent, sous conditions et dans certaines limites, être déduits du revenu imposable. En contrepartie, l’épargne est en principe indisponible jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi.
L’assurance-vie est souvent choisie pour sa souplesse : les fonds peuvent rester disponibles, et le contrat peut répondre à plusieurs projets patrimoniaux. Elle ne garantit pas un rendement et les supports en unités de compte comportent un risque de perte en capital. Le choix dépend donc de votre horizon, de votre tolérance au risque et de votre situation fiscale.
L’immobilier locatif peut aussi apporter des revenus complémentaires, mais il implique des frais, des périodes sans locataire, une fiscalité et une gestion qu’il faut intégrer au calcul. Il ne convient pas automatiquement à tous les budgets.

Les règles du PER et les dispositifs d’épargne retraite sont détaillés sur service-public.fr. Avant un versement important ou un changement de placement, un échange avec un professionnel qualifié peut être pertinent, surtout si votre situation familiale ou patrimoniale est complexe.
Pour retrouver nos conseils et actualités, consultez également notre dossier consacré à la retraite.
Faire le point régulièrement sur votre préparation
Votre stratégie ne doit pas rester figée pendant vingt ou trente ans. Un changement de salaire, une naissance, un divorce, un achat immobilier ou une période de temps partiel peut modifier votre future pension et votre capacité d’épargne.
Prendre le temps de vérifier son relevé de carrière, de refaire une simulation et d’ajuster ses versements tous les quelques années permet d’avancer avec davantage de sérénité. Préparer sa retraite, c’est avant tout se donner des options pour choisir son rythme de vie plus tard.
