60 Millions de consommateurs lance l’alerte, une marque de thon contient des niveaux de mercure 10 fois supérieurs aux normes !

Une enquête relayée par 60 Millions de consommateurs pointe des niveaux de mercure variables dans le thon en boîte. Je vous explique l’essentiel et les bons réflexes.

Voir Ne plus voir le sommaire

Pratique, économique et riche en protéines, le thon en conserve trouve facilement sa place dans une salade, un sandwich ou des pâtes. Une récente alerte relayée dans la presse sur la présence de mercure dans certaines boîtes invite toutefois à regarder ce produit avec un peu plus de discernement.

Pas question de bannir le poisson de son assiette. Les recommandations sanitaires restent claires : le poisson apporte notamment des protéines, de l’iode et des acides gras intéressants. Le bon réflexe consiste surtout à varier les espèces et à être plus attentive pendant la grossesse, l’allaitement ou pour les jeunes enfants.

Que dit l’enquête sur le mercure dans le thon en conserve ?

L’alerte repose sur des analyses de 148 boîtes de thon achetées dans plusieurs enseignes de cinq pays européens. Selon la synthèse publiée par Top Santé, du méthylmercure a été détecté dans l’ensemble des références testées, avec des concentrations très variables d’une boîte à l’autre.

Boîtes de thon
Boîtes de thon

Le méthylmercure est la forme de mercure qui peut s’accumuler dans les poissons. L’enquête évoque notamment un résultat de 3,9 mg/kg pour une référence présentée comme du thon Petit Navire vendu en Carrefour City. Ce chiffre doit être lu avec prudence : il s’agit du résultat d’une analyse sur un produit donné, et non d’un avis de retrait généralisé concernant une marque ou tous les lots commercialisés.

Un point mérite aussi d’être précisé. La limite de 0,3 mg/kg souvent citée concerne de nombreuses espèces de poissons, mais le thon fait partie des espèces pour lesquelles la teneur maximale réglementaire en mercure est fixée à 1 mg/kg. Un résultat à 3,9 mg/kg serait donc près de quatre fois supérieur à cette limite applicable au thon, et non dix fois supérieur.

Pourquoi le thon peut contenir davantage de mercure

Le thon est un poisson prédateur. Au fil de sa vie, il se nourrit d’autres poissons et peut ainsi accumuler davantage de méthylmercure que les espèces plus petites, situées plus bas dans la chaîne alimentaire.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire rappelle que le poisson constitue la principale source d’exposition alimentaire au méthylmercure. Les niveaux de contamination ne sont pas identiques selon les espèces, l’âge du poisson, sa taille ou encore sa zone de pêche. Les grands prédateurs sont généralement les plus concernés.

Cette réalité ne signifie pas que chaque boîte de thon présente le même niveau de risque. Elle explique en revanche pourquoi il est préférable d’éviter une consommation très fréquente et automatique de thon, particulièrement lorsque l’on mange déjà beaucoup de poissons prédateurs.

Pour mieux comprendre les recommandations sur le méthylmercure, l’Anses détaille les risques liés à une consommation importante de poissons et les publics qui doivent être les plus vigilants.

Grossesse et enfants : quelles précautions prendre ?

Les femmes enceintes ou allaitantes, les femmes qui envisagent une grossesse ainsi que les jeunes enfants sont plus sensibles à une exposition excessive au méthylmercure. À fortes doses et sur la durée, cette substance peut avoir des effets sur le développement du système nerveux du fœtus et de l’enfant.

Viande de thon en conserve
Thon en conserve

L’Anses recommande donc de diversifier les espèces consommées et de limiter les poissons prédateurs sauvages, parmi lesquels figure le thon. Les très grands prédateurs, comme l’espadon, le marlin, le requin ou la lamproie, sont à éviter pour les femmes enceintes et les jeunes enfants.

Pour la population générale, le repère reste de consommer du poisson deux fois par semaine, dont un poisson gras, tout en variant les espèces et les lieux d’approvisionnement. Les conseils diffusés au niveau européen vont dans le même sens, comme le rappelle cette ressource de l’EFSA consacrée aux conseils alimentaires sur le mercure.

Comment continuer à manger du poisson sans se compliquer la vie

Le plus simple est d’alterner le thon avec d’autres poissons. Sardines, maquereaux, harengs, saumon, truite, cabillaud, colin ou lieu peuvent facilement remplacer une boîte de thon dans les recettes du quotidien. Une salade de lentilles aux sardines ou des rillettes de maquereau maison sont, par exemple, des alternatives rapides.

Varier permet de profiter des qualités nutritionnelles du poisson tout en évitant de concentrer son exposition à un même contaminant. C’est aussi une façon de sortir du réflexe thon-pâtes les soirs pressés, sans bouleverser ses habitudes.

Si vous êtes enceinte, allaitez ou préparez régulièrement les repas d’un jeune enfant, fiez-vous en priorité aux repères de l’Anses plutôt qu’aux rumeurs ou aux listes alarmantes qui circulent sur les réseaux sociaux. Une consommation occasionnelle de thon ne justifie pas, à elle seule, de s’inquiéter.

Les enquêtes de consommation restent utiles pour questionner nos achats du quotidien, à condition de les replacer dans leur contexte. Dans le même esprit, notre article sur l’alerte concernant un gel douche populaire aide aussi à distinguer les informations vérifiées des conclusions trop rapides.

Faut-il arrêter d’acheter du thon en conserve ?

Non. Cette alerte sur le mercure dans le thon en conserve rappelle surtout une règle alimentaire simple : aucun produit ne devrait devenir l’unique solution par défaut. Alterner les poissons, respecter les recommandations adaptées à sa situation et privilégier une alimentation diversifiée restent les conseils les plus solides.

Les comparatifs peuvent guider les choix, mais ils ne remplacent pas les avis des autorités sanitaires. Pour prolonger la lecture, retrouvez aussi notre décryptage des marques de café analysées par 60 Millions de consommateurs.