Le Liban pourrait faire peau neuve avec le tourisme éthique !


Le Liban pourrait faire peau neuve avec le tourisme éthique

Le tourisme libanais connaît depuis 2020 une situation peu reluisante que les experts du domaine attribuent à la succession des crises ayant touché le pays.

Des données du ministère du Tourisme font état d’une baisse importante des revenus du tourisme au Liban en 2020. Il y a notamment eu une chute de 48,3% du nombre de touristes sur le premier semestre 2020, par rapport à la même période en 2019. Cette tendance s’est hélas poursuivie sur le reste de l’année. Diverses situations, à l’image de la crise du coronavirus et des explosions dans le port de Beyrouth en août 2020, ont mis en péril l’intérêt des étrangers pour ce pays dans lequel le secteur touristique représente pourtant une part importante du PIB. La situation du pays en matière de tourisme est donc globalement incertaine, avec de nombreuses incertitudes pour les mois à venir. Toutefois, selon certains acteurs du secteur, un changement de pratique pourrait être la solution pour sauvegarder l’activité touristique au milieu de toutes les crises.

Liban : pays de tourisme par excellence

Le Liban a toujours figuré en bonne place dans le classement mondial des pays où le tourisme tient une place importante. Il y a quelques années, cet État du Proche-Orient occupait la 94e place dans le classement mondial des indices de compétitivité du voyage et du tourisme (classement réalisé par Forum économique mondial ou FEM). Il était aussi 36e du monde lorsqu’on considère la participation du tourisme et du voyage au PIB national. En se référant à certains chiffres, le tourisme est l’un des domaines qui contribuent à la croissance rapide du pays. Avant que la situation se dégrade, on estimait à près de 8 % la participation de ce secteur au PIB. On comprend à ces données, que le pays repose beaucoup sur le tourisme, qui bénéficie de nombreux appuis financiers et opportunités de développement. Cependant, depuis plusieurs mois, le Liban attire moins de voyageurs et obtient donc de moins bons chiffres dans le secteur touristique.

Qu’en est-il du tourisme au Liban en 2021 ?

Comme partout sur le globe, la crise sanitaire qui s’est progressivement installée depuis la fin de l’année 2019 n’a pas manqué de secouer le Liban et son secteur touristique. À l’heure actuelle, les agences de voyages et les établissements touristiques craignent une baisse importante de leur chiffre d’affaires. Pour ces différents acteurs du tourisme, Kevin Rivaton et d’autres entrepreneurs craignent notamment un été peu reluisant.

Liban

Pour mieux comprendre l’impact de la crise sanitaire sur le tourisme libanais, il suffit de voir ce qui se passe déjà dans les autres pays. Les confinements successifs décrétés par les gouvernements (en France, en Italie ou encore en Belgique), ont empêché non seulement les citoyens de sortir du pays, mais aussi les étrangers de venir en vacances sur le territoire comme les années précédentes. Spécifiquement dans le cas libanais, selon la Banque du Liban, le pays a enregistré une baisse sur l’année 2020 de 87,7 % dans le secteur du tourisme. Certes, le Liban n’est pas la seule destination touristique du monde que le coronavirus a handicapée. Cependant, il s’agit d’un pays qui investit et compte énormément sur ce secteur. D’importants investissements ont notamment été réalisés ces dernières années pour relancer un secteur qui était déjà en perte de vitesse avant l’avènement de la crise du coronavirus. Cette dernière est alors venue renforcer les incertitudes du secteur touristique libanais.

La combinaison des crises socio-économique, politique et sanitaire a alors d’importants impacts. Voyons ensemble quelques chiffres relayés par un magazine d’économie, dans un article paru le 2 juillet 2020. Sur 1 an, soit en comparant le premier trimestre de 2020 au premier trimestre de 2019 :

  • le nombre total de touristes a chuté de 48 %
  • l’effectif en provenance des pays arabes, principaux clients des établissements touristiques libanais, a diminué de 60 %
  • le nombre d’Européens s’est réduit de 41 %

Tous ces chiffres s’expliquent par l’instabilité politique et économique ayant découlé des crises. Les acteurs du secteur ont alors besoin de trouver des solutions au plus tôt. En 2021, bien que les établissements touristiques se révoltent contre les restrictions imposées pour ralentir la propagation du coronavirus, ces restrictions ne sont en réalité que le sommet de l’iceberg : le vrai problème demeure le ralentissement de l’arrivée des touristes étrangers. Les établissements se consolent alors avec le tourisme local qui a pris de l’ampleur ; et ça pourrait être LA solution tant attendue. Désormais, les Libanais se dépaysent en découvrant ou en redécouvrant les merveilles de leur pays. Voilà une initiative qui ne manquera pas de plaire à Kevin Rivaton, grand amoureux de la nature, surtout de celle qui domine son pays natal.

Qui est Kevin Rivaton ?

Lorsqu’on parle du tourisme en général et de celui libanais en particulier, il est difficile de ne pas citer ce nom. D’ailleurs, dans le contexte actuel, il est encore plus important de recourir aux idées que propose cet homme visionnaire. Kevin Rivaton est consultant en ingénierie touristique et culturelle à Paris. Né au Liban, à Beyrouth, il porte naturellement de l’intérêt à la culture de sa patrie de naissance. C’est donc tout aussi logiquement qu’il pense qu’il serait vital d’y faire valoir le concept de tourisme éthique dont il est le grand défenseur.

Tourisme libanais

En effet, depuis toujours, Kevin Rivaton est acquis à la cause de l’environnement. En appliquant cette philosophie à son domaine d’activité, il soutient l’idée que le tourisme de masse est tout ce qu’il y a de plus dégradant pour la nature. Il n’est pas sain d’accueillir chaque année des millions de visiteurs, qui produiront des déchets en grande quantité et solliciteront plus de véhicules qu’à l’accoutumée, avec donc plus d’émission de polluant. L’écologiste prône plutôt des manières écoresponsables de conduire le tourisme afin de protéger la planète. Et ses recommandations liées à l’écotourisme pourraient bien être la solution au problème du tourisme libanais en 2021.

Comment le concept de Kevin Rivaton peut-il profiter au tourisme libanais ?

En 2021, le secteur du tourisme au pays des cèdres souffre de deux maux principaux : le manque d’attractivité dû aux diverses instabilités et les restrictions imposées à cause du coronavirus. Les visiteurs ont besoin de raisons pour les motiver à venir, mais aussi d’assurances pour renouer avec leurs projets de voyage vers le Liban. Or, le concept de tourisme éthique permet de changer le traditionnel tourisme de masse. Il implique de limiter les affluences sur les sites touristiques. Ce qui faciliterait la maîtrise de la foule et le respect des gestes barrières.

La mise en place d’un tel concept constituerait une grande assurance pour les touristes, qui craignent justement la masse en cette période délicate. Ensuite, le tourisme éthique étant lui-même une innovation, il attisera l’envie et la curiosité des touristes ; ils voudront alors constater la façon dont il est appliqué. Un tel intérêt fera beaucoup de bien au Liban. Rivaton explique que l’idée qu’il défend créera des emplois supplémentaires et sera aussi bénéfique pour les établissements touristiques, car ceux-ci pourront proposer d’autres services. À tous ces avantages, il faut ajouter l’essence de la notion de tourisme éthique ou de tourisme durable : le respect de la nature, qu’il faudra désormais découvrir autrement.

En s’inscrivant dans la logique de Kevin Rivaton, le tourisme libanais pourra alors faire peau neuve.