Voir Ne plus voir le sommaire
Le lait d’ânesse traverse les siècles avec une aura presque romanesque. On le cite souvent pour ses usages cosmétiques, parfois associés à l’Antiquité. Ce qui m’intéresse, c’est le présent. Et surtout, votre peau, ici et maintenant.
Si vous vivez avec du psoriasis, vous connaissez le duo qui épuise. Les plaques et les démangeaisons. Dans ce contexte, chaque promesse “naturelle” mérite un filtre simple : est-ce doux, est-ce utile, est-ce compatible avec un traitement suivi ?
Lait d’ânesse : de quoi parle-t-on vraiment ?
Le lait d’ânesse est un ingrédient que l’on retrouve surtout dans des savons, des laits corps, des crèmes et parfois des shampoings. Sa réputation repose sur une idée clé : une composition riche en nutriments. Vitamines, minéraux, acides gras et acides aminés sont souvent mis en avant.

Sur le papier, cet ensemble peut soutenir une peau sèche et inconfortable. Les lipides participent au film protecteur. L’acide lactique, lui, est connu en cosmétique pour son rôle dans l’hydratation. Mais tout dépend de la formule finale, et de votre tolérance.
Je préfère vous le dire nettement : le mot “naturel” n’est pas un label de douceur universel. Même un soin réputé doux peut picoter sur une peau en crise. Si votre psoriasis flambe, la prudence est une stratégie, pas une frilosité.
Ce que les données suggèrent sur l’hydratation et la barrière cutanée
Côté preuves, on trouve au moins une petite étude clinique sur une crème formulée avec du lait d’ânesse, menée sur des volontaires, qui observe une amélioration de l’hydratation cutanée et des marqueurs de fonction barrière. C’est intéressant. Mais ce n’est pas une preuve “psoriasis”, ni un ticket pour des promesses spectaculaires.
En clair, le lait d’ânesse peut avoir un intérêt comme ingrédient hydratant dans une formule bien conçue. Il peut contribuer à une peau plus souple, moins rêche. Et, parfois, à une sensation d’apaisement, surtout si la peau est très sèche.

Pour le psoriasis, la base reste l’hydratation régulière avec des émollients. La British Association of Dermatologists rappelle que les émollients s’utilisent au quotidien, y compris quand ça va mieux, et que la fréquence dépend de la sécheresse. C’est moins glamour qu’un “secret beauté”, mais nettement plus fiable.
Psoriasis : où le lait d’ânesse peut s’insérer, sans vous induire en erreur
Le psoriasis est une maladie inflammatoire, avec une barrière cutanée fragilisée. Dans ce cadre, le lait d’ânesse peut être vu comme un “plus” possible. Un produit de confort, à côté d’une vraie stratégie : émollients, traitements prescrits, et déclencheurs mieux repérés.
Si vos plaques touchent le cuir chevelu, certaines personnes se tournent vers des formules dédiées, plus lavantes mais pensées pour limiter le dessèchement. Je vous conseille de privilégier la simplicité, et de repérer ce qui vous convient réellement, comme un shampoing naturel efficace. Le bon produit est souvent celui qui ne relance pas l’irritation.
Pour le corps, regardez la texture et l’objectif. Quand la peau tiraille, une formule plus riche est souvent mieux tolérée qu’un gel parfumé. Si vous cherchez des repères, cette sélection de crèmes hydratantes peut vous aider à comparer les approches.
Comment l’utiliser sans aggraver la sensibilité
Faites simple : testez toujours sur une petite zone, trois jours de suite. Pas sur une plaque fissurée. Pas juste après un gommage, ni après une douche très chaude. Oui, je sais, c’est frustrant… mais votre peau n’a pas besoin d’un “challenge”, elle a besoin de calme.

Évitez les formules très parfumées, et surveillez les réactions. Picotements persistants, rougeur qui s’étend, sensation de brûlure : on arrête. Et si vous avez un doute avec un traitement médical, demandez l’avis de votre dermatologue ou pharmacien. C’est particulièrement vrai si le psoriasis est étendu ou très inflammatoire.
Enfin, gardez en tête la logique d’ensemble. Un bon soin de la peau en période de sensibilité, c’est surtout moins d’agressions et plus de régularité. La constance bat la tendance, presque à chaque fois.
Conclusion
Le lait d’ânesse peut être un ingrédient intéressant pour l’hydratation et le confort d’une peau sèche. Les données disponibles suggèrent un effet hydratant dans certaines formulations, mais on manque de preuves solides spécifiques au psoriasis.
Si vous l’essayez, faites-le comme on goûte un nouveau parfum : avec curiosité, mais sans vous raconter d’histoire. Et si votre peau vous dit “non”, écoutez-la. Elle a rarement tort, même quand elle manque un peu de tact.
