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Et si un voyage faisait partie des recommandations pour mieux récupérer ? En Suède, l’idée de prescrire des voyages prend la forme d’une campagne touristique baptisée « The Swedish Prescription ». Elle met en avant la nature, la culture et un rythme de vie plus apaisé, sans jamais se substituer à un avis médical.
Le concept peut séduire quand le stress s’installe, que le sommeil devient léger ou que le quotidien semble filer trop vite. Mais il mérite d’être compris pour ce qu’il est : une invitation à envisager le voyage comme une parenthèse de bien-être, et non comme un traitement ou une prise en charge par la Sécurité sociale.
The Swedish Prescription : que propose réellement la Suède ?
Avec The Swedish Prescription, l’office de tourisme Visit Sweden invite les visiteurs à échanger avec leur médecin autour d’activités associées au bien-être : marcher en forêt, découvrir un musée, profiter du littoral, faire une pause sauna ou partager un fika, la traditionnelle pause-café suédoise.

La campagne s’inspire des « prescriptions nature » et du social prescribing, une approche qui consiste à orienter certaines personnes vers des activités sociales, culturelles ou physiques en complément de leur accompagnement habituel. Le document proposé par Visit Sweden a une valeur symbolique : un médecin reste libre de discuter ou non de ce projet avec son patient.
Il ne s’agit donc pas d’une ordonnance médicale au sens strict. Le séjour n’est ni obligatoire, ni remboursé, ni financé par les autorités de santé. L’intérêt est ailleurs : remettre du temps dehors, du mouvement et des moments partagés dans une période où l’on en manque parfois cruellement.
Pourquoi l’idée de prescrire des voyages parle autant
Un voyage ne règle pas tout. Il peut en revanche créer une vraie rupture avec les habitudes qui épuisent : les écrans tard le soir, les journées sans pause, les trajets effectués au pas de course. Changer de décor aide parfois à retrouver des gestes simples, comme marcher longtemps, dormir davantage ou manger à heure fixe.
La Suède se prête particulièrement à cette image. Ses forêts, ses lacs, ses archipels et ses villes à taille humaine nourrissent un imaginaire de lenteur. Pour beaucoup de voyageuses, le dépaysement ne tient pas seulement aux paysages : il vient aussi d’un programme moins rempli, avec de la place pour l’imprévu et le repos.

Cette philosophie n’impose pas forcément un grand départ. Le principe du social prescribing peut aussi inspirer le quotidien : reprendre une activité douce, voir une exposition, rejoindre un club de marche ou prévoir un week-end avec des proches. Si votre budget est serré, il est aussi possible de voyager en Europe sans vous ruiner en choisissant une destination proche et un séjour plus court.
Ce que la recherche dit des prescriptions nature
Les effets de la nature sur le bien-être font l’objet de recherches sérieuses, même si les résultats doivent être lus avec nuance. Une revue systématique et méta-analyse publiée en 2023 dans The Lancet Planetary Health a étudié les programmes de « nature prescriptions ». Elle observe notamment des améliorations possibles de l’activité physique, de certains symptômes dépressifs et de la pression artérielle.
Les études analysées reposent toutefois sur des dispositifs très différents : durée des programmes, accompagnement, état de santé des participants ou type d’activité. Elles ne permettent pas d’affirmer qu’une escapade en forêt soigne à elle seule l’anxiété, la dépression ou l’épuisement. Vous pouvez consulter l’étude publiée dans The Lancet Planetary Health pour connaître précisément ses conclusions.
En cas de fatigue persistante, d’anxiété importante ou de troubles du sommeil qui s’installent, le bon réflexe reste d’en parler à un professionnel de santé. Le voyage peut être un soutien agréable, pas un substitut à un suivi adapté.
Comment imaginer un séjour bien-être en Suède
Pour profiter de l’esprit de cette « prescription », nul besoin de transformer le séjour en programme de performance. Mieux vaut garder du temps libre et choisir quelques activités qui donnent réellement envie : une randonnée accessible, une baignade dans un lac en été, une visite de galerie à Stockholm ou Göteborg, un sauna suivi d’un moment au calme.

Le rythme compte autant que la destination. Prévoir moins d’étapes, dormir plusieurs nuits au même endroit et alterner découverte et repos rend souvent l’expérience plus réparatrice qu’un itinéraire chargé. L’idée est de revenir avec de bons souvenirs, pas avec une liste de choses à récupérer au retour.
Faut-il demander à son médecin de prescrire un voyage ?
Vous pouvez tout à fait évoquer votre projet de voyage avec votre médecin si vous traversez une période de stress ou de fatigue. Cela peut ouvrir une discussion utile sur votre besoin de repos, votre sommeil, votre niveau d’activité ou les précautions à prendre selon votre situation personnelle.
En revanche, attendre une prescription ouvrant droit à un remboursement conduirait à une déception : la campagne suédoise ne prévoit aucun dispositif de ce type. Elle rappelle plutôt une idée simple, souvent difficile à appliquer : s’accorder une pause peut faire partie d’une meilleure hygiène de vie.
Et si la Suède ne correspond pas à vos envies ou à votre budget, le même besoin de lumière et de déconnexion peut guider votre choix. Une destination à 25 degrés toute l’année peut mieux convenir à celles qui rêvent de soleil, tandis que les meilleures destinations pour voyager varient aussi selon la saison et l’énergie que vous souhaitez retrouver.
