Jeanne Desparmet-Ruello, pionnière de l’éducation féminine !


Jeanne Desparmet-Ruello, pionnière de l’éducation féminine !

Jeanne Desparmet-Ruello s’est battue toute sa vie pour améliorer les conditions de vie des jeunes filles. Et son plus grand combat aura été celui pour une instruction égalitaire entre filles et garçons. La loi Camille Sée, votée le 22 décembre 1880, permet aux jeunes filles d’accéder à l’enseignement secondaire dans des établissements publics, ce qui était réservé jusque-là aux garçons. Les grandes villes de France cherchent alors à se doter de lycées pour jeunes filles. Jeanne Desparmet-Ruello, ancienne directrice de l’École supérieure de jeunes filles de Bordeaux, est nommée pour diriger le tout premier lycée pour jeunes filles de France !

Dans cette course à l’égalité d’éducation entre filles et garçons, Jeanne possède des idées fortes et une motivation à toutes épreuves pour mener à bien sa mission. Née dans une fratrie de quatre sœurs, elle a eu une éducation très féminine. Cela ne l’a pas empêchée d’avoir un goût prononcé pour les études. Son enfance passée au couvent des Dames de Lorette en seront les témoins : toujours un livre à la main, Jeanne n’a cessé de s’instruire. Et elle n’a pas hésité à braver les interdits en lisant des livres sur des disciplines qui ne sont pas accessibles à l’époque aux jeunes filles comme les sciences ou les arts. Cette soif d’apprendre ne la lâche pas, et lorsqu’elle devient institutrice à tout juste dix-huit ans, elle poursuit ses études en parallèle, jusqu’à se forger un nom à Bordeaux et obtenir son baccalauréat puis sa licence ès sciences.

Jeanne s’est endurcie face à toutes ces injustices. C’est pourquoi, même si elle hésite un moment avant d’accepter la direction du premier lycée pour jeunes filles de France, sa volonté de vouloir faire changer les choses la motivent. Toute sa vie, elle luttera contre les inégalités entre filles et garçons. Car les avancées en la matière seront lentes ou incomplètes. La loi Camille Sée par exemple, même si elle donne accès à l’instruction des jeunes filles dans les établissements secondaires publics, elle ne leur permet pas pour autant d’apprendre le latin et le grec. Les idées de Jeanne en matière d’éducation sont pourtant novatrices. On retiendra par exemple son attachement à l’éducation physique qu’elle instaurera en tant que directrice à Lyon, alors qu’elle n’apparaîtra officiellement que plusieurs années plus tard dans les programmes.

Son but de chaque jour est donc d’amener ses élèves à la réussite, et cela ne s’arrête pas à l’obtention des examens. Elle veut leur apprendre à cultiver leur intelligence, à développer leur jugement, à une époque où les femmes n’ont pas de droits, ni politiques, ni sociaux. Mais comment faire lorsqu’il est bien encré dans les esprits que les femmes doivent être avant tout de bonnes mères et de bonnes épouses ? Jeanne se bat, ne lâche rien, même lorsqu’elle reçoit des courriers d’insultes. Et l’avenir lui donnera raison lorsqu’en 1902, la loi Léon Bérard imposera un baccalauréat identique pour les filles et les garçons.

Les mentalités évoluent. Mais pas suffisamment aux yeux de Jeanne. Elle prend de plus en plus position dans son combat féministe. En 1897, la création de La Fronde donne la parole aux femmes. Jeanne n’hésitera pas à exprimer ses opinions au travers de ce journal conçu et dirigé par des femmes, mais elle devra le faire sous un pseudonyme…

Cette pionnière de l’éducation féminine aura donc combattu sans relâche pour la condition des femmes. Et c’est pour mettre en lumière l’histoire de cette grande dame que l’autrice Claire Paul a mené de nombreuses recherches pour rédiger cette biographie sous forme de roman-document. On retiendra d’elle sa ténacité, son dévouement à la cause des femmes, et son audace. Je suis ravie d’avoir découvert l’histoire de cette femme d’exception dont je ne connaissais même pas le nom avant de découvrir l’ouvrage. On ne sort pas indifférent d’une telle lecture.

Site de l’auteur : www.claire-paul.com

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