J’ai tout de suite eu envie de partager l’article "La dépigmentation a la peau dure", publié sur Slate.fr et repris sur Yahoo Actualités. Comme toujours avec ce genre de sujet très sensible dans la communauté noire, le plus intéressant reste encore dans les commentaires. Entre indignation (en effet, même si la dépigmentation est une réalité en Afrique, ce phénomène ne touche pas toutes les femmes, Ndlr), déni (avec le sacro-saint "Mais les blancs se bronzent ! Les asiatiques se blanchissent aussi !"... et alors ? Est-ce une raison pour ne pas évoquer la dépigmentation des Noirs ? Et que dire des empoignes sur la colonisation (certains affirmant que la cause de la dépigmentation vient de là, d’autres réfutant ce qu’ils considèrent comme une victimisation.
L’article de Ndèye Khady Lo a le mérite de faire un focus sur un sujet que les autorités africaines devraient enfin prendre à sa juste mesure : un problème de santé publique, couplé à un réel sentiment de mal-être d’une partie de leurs populations. Or, du Cameroun au Burkina-Faso, le lucratif commerce des produits éclaircissants continue. Sur les écrans de télévisions nationales, des marques locales vantent les teints artificiellement éclaircis, des réclames sur des crèmes éclaircissantes défilent ; alors, la faute à la colonisation ? Oui, cette dernière ne peut être écartée du début du phénomène, mai aujourd’hui, n’est-ce pas aux intéressés de promouvoir une esthétique correspondant à leurs canons de beauté, à eux de mettre en place les instruments de sensibilisation sur les dangers du blanchiment, les mécanismes de lutte contre le trafic de produits éclaircissants. Surtout, à eux de ne plus se contenter de regarder ces publicités et autres messages où perruques au vent, teint éclaircie à l’hydroquinone, des pseudo-mannequins vantent tel crème "Clarissime" et autres, un nécessaire besoin de combler le vide juridique, mais surtout, une réelle politique volontariste afin de valoriser l’image que les populations ont d’elles-mêmes car au fond, tout semble bien venir de là.

Affiche de la première campagne institutionnelle sur le blanchiment de la peau, initié par la mairie de Paris
En lisant quelques commentaires sur Yahoo, je me suis dite, « marrant comme on se sent piqué dès qu’on parle de cheveux ou peau », en fait, cheveu et peau, deux mots qui, faites-en l’expérience, sont à manier avec une extrême sensibilité (hypocrisie, je dirai), dans les communautés noires. Face aux remarques d’indignation, même s’il est vrai que dans ce genre d’articles il convient toujours de souligner que toute la société africaine n’est pas dans ce genre de complexe (ce que la rédactrice de l’article fait d’ailleurs), il convient aussi de s’interroger sur cette manie des Africains à s’indigner que de tels sujets soient mis au devant de la scène, comme s’ils y voyaient uniquement des "attaques" contre eux. La dépigmentation, maquillage, éclaircissement, quel que soit le nom qu’on lui donne, est bien une réalité en Afrique et dans les communautés noires en Europe et aux Etats-Unis (les stars afro-américaines si prisées par la jeunesse du monde entier ne semblant jurer que par "the more lighter (skin) you are, the more attractive you seem" [1] et le sujet doit bien être évoqué si on compte s’y attaquer ou sensibiliser dessus.©Minsili Zanga










